
Le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a organisé un atelier de renforcement des capacités à l’intention de 130 journalistes de moins de 30 ans, réunis en présentiel et en ligne. Les participants, venus notamment de Kinshasa, de l’Équateur, du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental, du Kwilu, du Kongo Central et du Maniema, ont été sensibilisés aux Agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) afin de mieux intégrer ces thématiques dans leurs productions médiatiques.
CAFCO appelle les médias à amplifier la voix des femmes et des jeunes
Dans son mot de bienvenue, lu par Josepha Pumbulu Mbimi au nom de la directrice exécutive nationale du CAFCO, Grâce Lula Hamba, l’organisation a remercié les journalistes pour leur engagement à promouvoir la voix des femmes et des jeunes dans les processus de prévention et de résolution des conflits en République démocratique du Congo.
Elle a rappelé que, depuis près d’une année, le CAFCO met en œuvre le projet « Renforcer le leadership local en matière de Femmes, Paix et Sécurité et de Jeunesse, Paix et Sécurité dans les situations de conflits et de post-conflits ». Parmi les actions déjà réalisées figure notamment la revue de l’état de mise en œuvre du Plan d’action national et des plans d’actions locaux de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les Femmes, la Paix et la Sécurité.
Des experts sensibilisent les journalistes sur leur rôle dans la consolidation de la paix
Représentant le Secrétaire général du ministère de la Communication et Médias, la directrice chef de service a réaffirmé l’engagement du ministère à accompagner les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier.
Les différentes communications, modérées par Maître Pélagie Ebeka, ont permis de mettre en lumière le rôle stratégique des journalistes dans la vulgarisation des résolutions internationales liées aux Agendas FPS et JPS.
La chercheuse Annie Matundu est intervenue sur le thème « Médias et Agenda Femmes, Paix et Sécurité : renforcer la voix des femmes dans le processus de paix ». De son côté, le chef des travaux Obul Okwess, de l’UNISIC, a développé le sous-thème consacré à l’apport du journaliste dans la mise en œuvre des Agendas FPS et JPS. Quant à Mathy Musau, chargée de communication du CAFCO, elle a insisté sur la responsabilité des médias dans la promotion de ces agendas.
Le concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité officiellement lancé
L’un des moments forts de cette rencontre a été le lancement officiel de la deuxième édition du concours Médias, Femmes, Paix et Sécurité, par Tina Lukila, directrice chef de service au ministère de la Communication et Médias. Les lauréats de la première édition ont partagé leurs expériences afin d’encourager les jeunes journalistes à produire des contenus de qualité sur ces questions.
Présente à cette activité, Evelyne Mbata, membre du Conseil d’administration du CAFCO, a exhorté les participants à s’approprier les Résolutions 1325 et 2250 afin de réaliser des enquêtes approfondies et de contribuer à une information favorable à la paix.
Des recommandations pour une meilleure couverture médiatique
La journée s’est achevée par des échanges interactifs entre les facilitateurs et les journalistes des différentes provinces, suivis de plusieurs recommandations.
Les participants ont notamment appelé les journalistes à donner davantage la parole aux femmes médiatrices et aux jeunes, à dépasser le récit des victimes pour mettre en avant les solutions, à devenir des artisans de la mise en œuvre des Résolutions 1325 et 2250, à vulgariser les plans d’action nationaux et à sensibiliser l’opinion afin de soutenir le financement de la Résolution 1325 par le gouvernement.
À l’endroit du CAFCO et de son partenaire GNWP, il a été recommandé de créer un centre de formation destiné aux femmes des médias, de poursuivre ces ateliers dans les provinces, d’organiser régulièrement des formations nationales de renforcement des capacités et de doter les jeunes journalistes d’équipements de travail tels que des téléphones, dictaphones, caméras et autres matériels de reportage.
Les journalistes du Kongo Central ont également plaidé pour un appui accru aux radios communautaires et le financement de microprogrammes radiophoniques en milieu rural, où les conflits et les défis liés au genre demeurent fréquents. Enfin, le CAFCO et ses partenaires ont été invités à produire davantage de guides en langues nationales afin de faciliter l’appropriation de la Résolution 1325 selon les réalités propres à chaque province.
Rédaction
