
Le ministère provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté du Kasaï-Oriental veut renforcer les mécanismes de prise en charge de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire. C’est dans cette perspective qu’un atelier de vulgarisation de l’Arrêté provincial n°01/0083/CAB/PROGOU/K.OR/MKJ/2026 du 24 juillet 2026 s’est tenu mardi 4 août à Mbujimayi.
L’activité a été organisée avec le concours de l’Agence belge de coopération internationale Enabel, dans le cadre de son projet Éducation de Base (EduBase). L’arrêté institue la Coordination Provinciale Intersectorielle pour la Gestion de l’Hygiène Menstruelle en milieu scolaire, dénommée CP-GHM.
Plus de 130 acteurs mobilisés
La rencontre a rassemblé plus de 130 participants issus de différents secteurs. Des membres du gouvernement provincial, des responsables des divisions techniques, des représentants de la santé, du genre, de l’environnement et des droits humains ont pris part aux échanges. Des leaders religieux et communautaires ainsi que des partenaires techniques et financiers étaient également présents.
Au terme des travaux, les participants ont signé un acte d’engagement. Ils se sont ainsi engagés à relayer le contenu de l’arrêté auprès de leurs structures, dans les communautés et au sein de leurs différents espaces d’intervention, afin de favoriser son appropriation et d’accélérer son application.
Faire de l’hygiène menstruelle une priorité
Prenant la parole, le ministre provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Elias Élisée Kabuya Menda, a appelé à une implication collective dans la mise en œuvre de cette nouvelle politique. Il a exhorté les autorités, les parents, les éducateurs, les leaders religieux et communautaires, les formateurs, les pairs éducateurs ainsi que les organisations de la société civile à intégrer cette problématique dans leurs actions de sensibilisation.
Pour le ministre, une meilleure prise en compte de l’hygiène menstruelle doit permettre de construire un cadre scolaire davantage protecteur et inclusif, dans lequel les filles peuvent poursuivre leurs études dans de bonnes conditions, sans subir de discrimination liée à leurs menstruations.
Une responsabilité qui dépasse le secteur de la santé
De son côté, Fatima Ibrahim, cheffe du projet Éducation de Base d’Enabel, a souligné le caractère transversal de cette problématique. Selon elle, l’hygiène menstruelle ne doit pas être considérée comme une simple question sanitaire. Elle touche également à l’éducation, à la protection de l’enfant, à la dignité, à l’égalité des chances et aux droits des filles.
Elle a estimé que l’adoption de l’arrêté constitue une étape importante puisqu’elle consacre une responsabilité commune entre plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé, le genre ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
Une coordination intersectorielle pour harmoniser les actions
Le nouveau dispositif sera placé sous l’autorité du ministre provincial chargé de l’Éducation. La Coordination Provinciale Intersectorielle pour la Gestion de l’Hygiène Menstruelle aura notamment pour rôle de rapprocher les interventions des services publics et des différents partenaires.
L’objectif est de favoriser une réponse coordonnée aux difficultés liées à l’hygiène menstruelle dans les établissements scolaires de la province.
Sensibilisation et bonnes pratiques recommandées
À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées. Les acteurs appelés à intervenir sur le terrain devront notamment privilégier une approche respectueuse et bienveillante de la question des menstruations.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de multiplier les séances d’information auprès des élèves, des familles et des communautés, tout en encourageant l’adoption de pratiques adaptées en matière d’hygiène menstruelle.
Vers un environnement scolaire plus inclusif
La vulgarisation de cet arrêté marque ainsi le début d’une nouvelle étape dans la mobilisation des autorités provinciales, des communautés et des partenaires.
À travers cette démarche, le Kasaï-Oriental entend contribuer à réduire les obstacles qui peuvent affecter la scolarité des filles pendant leurs menstruations et promouvoir un environnement éducatif où chaque élève peut apprendre dans la dignité et de manière équitable.
