Mbujimayi : une marée humaine dans les rues pour dire stop aux crimes à l’Est

La ville de Mbujimayi a vécu, ce samedi 28 mars 2026, une mobilisation d’une ampleur remarquable. Toutes les grandes artères ont été envahies par une foule déterminée, venue participer à une marche pacifique pour dénoncer les violences sexuelles et les exactions perpétrées contre les femmes et les enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Au cœur des revendications : les crimes attribués aux rebelles de l’AFC/M23, accusés d’agir avec le soutien du Rwanda. Une situation qui continue d’endeuiller des milliers de familles et de briser des vies, dans un climat d’insécurité persistant.

Une initiative citoyenne portée par la société civile

Cette marche a été initiée par la société civile du Kasaï Oriental, en marge de la clôture du mois de mars dédié aux droits des femmes. Elle a bénéficié de l’appui de la Fondation Lisette Kabanga Tshibwabwa. La mobilisation a rassemblé toutes les couches sociales, traduisant un élan de solidarité rare. Parmi les figures marquantes présentes, l’Abbé Blaise Kanda, reconnu comme une voix engagée en faveur des sans-voix, a tenu à soutenir cette action citoyenne.

Lisette Kabanga Tshibwabwa aux côtés de la population

Fille du terroir, Lisette Kabanga Tshibwabwa a tenu à marcher aux côtés de ses concitoyens, exprimant ainsi son engagement face aux souffrances endurées par les populations de l’Est.Par sa présence, elle a voulu dénoncer les massacres et tueries qui se poursuivent depuis plusieurs décennies, rappelant que la femme congolaise reste l’une des premières victimes de cette insécurité chronique.

Partie de la grande place de la Poste, la marche a sillonné plusieurs avenues emblématiques de Mbujimayi, notamment Inga, Salongo et Lusambo, avant de chuter à la place Bonzola. C’est à ce point de chute qu’un meeting a été organisé, offrant une tribune aux acteurs de la société civile et aux leaders d’opinion pour exprimer leur indignation et leurs attentes.

Un message fort de solidarité et d’espoir

Prenant la parole, Rose Mbuyi a expliqué que cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique de solidarité entre les femmes du Kasaï Oriental et celles de l’Est du pays, qui vivent quotidiennement des violences. Elle a souligné qu’il était impossible de rester indifférent face à ces souffrances, d’où l’organisation de cette marche pour marquer la clôture du mois dédié aux droits des femmes.

Elle a également adressé un message d’encouragement aux victimes, les invitant à ne pas perdre espoir. Selon elle, la fin des violences est envisageable et les efforts en cours permettront d’aboutir à la justice et à des réparations en leur faveur.

Un appel à l’unité nationale contre le tribalisme

De son côté, l’Abbé Blaise Kanda a insisté sur la nécessité pour les Congolais de rester unis, au-delà des appartenances régionales ou ethniques. Il a dénoncé le tribalisme, qu’il considère comme un frein au développement et à la cohésion nationale.

Il a rappelé que, bien qu’originaires du Kasaï, les manifestants se sont mobilisés pour soutenir les femmes de l’Est, preuve que la souffrance d’une partie du pays concerne toute la nation. Il a ainsi encouragé les Congolais à rejeter les divisions et à travailler ensemble pour bâtir un avenir commun, fondé sur la solidarité et le progrès.

Placée sous le thème « Crimes à l’Est : assez d’impunité », cette marche avait pour objectif principal d’exiger justice, réparation et reconnaissance pour les femmes et les enfants victimes de ces atrocités. Au-delà de la dénonciation, cette mobilisation se veut un signal fort : celui d’un peuple debout, uni et déterminé à ne plus tolérer l’inacceptable.

La Rédaction

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