Mbujimayi : un forum pour propulser le leadership féminin au cœur de la gouvernance locale

Mbujimayi, 15 juillet 2025 – La capitale du Kasaï-Oriental a accueilli ce mardi un forum stratégique dédié à la promotion du leadership féminin dans les instances locales de gouvernance. Organisé par le Réseau des radios associatives et télévisions de proximité du Kasaï-Oriental (RATEPROKA), avec le soutien du Centre Carter et le financement de UKAID, l’événement a réuni une centaine de participantes issues de l’administration publique, de la société civile, des médias et du secteur privé autour du thème : « Femmes leaders : gouvernance inclusive pour un développement durable ».

L’objectif de ce rendez-vous : stimuler l’engagement des femmes dans la gestion des affaires publiques au niveau local et provincial, dans un contexte où leur représentativité demeure encore faible.

Dans son allocution d’ouverture, Lambert Mbuyi Kana, président du conseil d’administration de RATEPROKA, a appelé à une transformation structurelle des dynamiques de pouvoir :

« Les échanges d’aujourd’hui visent à consolider le leadership féminin et à favoriser l’autonomisation financière des femmes et des jeunes. Ce forum est un catalyseur de synergies et un espace pour partager des pratiques inspirantes en vue de renforcer la gouvernance inclusive ».

Des voix fortes pour une gouvernance équitable

Trois figures féminines d’influence ont rythmé les débats de la journée.Placée sous le thème « Démocratie en RDC : bilan, engagements et perspectives », cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à accroître la transparence et la crédibilité des élections en République Démocratique du Congo.

Gertrude Ndaya, militante féministe et présidente du CEFIDE, a ouvert les travaux en soulignant l’importance des passerelles intergénérationnelles entre femmes. Elle a invité la jeunesse à s’approprier les leçons du passé pour mieux préparer l’avenir :

« C’est dans la transmission des expériences que se forge une gouvernance inclusive durable. Les jeunes femmes doivent puiser dans les parcours de leurs aînées pour construire une relève solide. »

La députée provinciale Eugénie Tshilanda a ensuite pris la parole pour déconstruire les stéréotypes liés à l’image de la femme en politique. Son message était clair :

« La femme ne doit ni craindre de prendre la parole, ni reculer face aux postes de décision. Elle a toute sa place dans la vie publique et doit l’occuper avec assurance. »

Enfin, Esther Ndalafina, journaliste et entrepreneure, a partagé son parcours et ses conseils pour faire du réseautage un levier d’autonomisation économique. Elle a insisté sur la nécessité pour les femmes de tisser des alliances et d’investir dans des activités génératrices de revenus.

Une dynamique de changement portée par les femmes

Les échanges se sont poursuivis en ateliers interactifs, donnant lieu à des recommandations concrètes et à la rédaction d’un projet de note de plaidoyer. Pour Dorothée Kangolongo, jeune assistante à l’Université Officielle de Mbujimayi, ce forum a été une source d’inspiration :

« J’ai été profondément touchée par les témoignages sur l’entrepreneuriat féminin. Une femme, qu’elle ait fait des études ou non, ne doit pas rester inactive. Elle doit entreprendre et contribuer activement à la société. »

Au terme de cette journée, les participantes ont exprimé leur volonté de transformer les réflexions en actions concrètes, afin que la femme passe du rôle de spectatrice à celui d’actrice clé du développement local.

La Rédaction

 

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