
Un large éventail d’acteurs sociaux et institutionnels s’est réuni à Mbujimayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental, pour réfléchir collectivement aux défis liés à la démocratie et à la gouvernance en République Démocratique du Congo, avec un focus particulier sur la province. Organisé du 11 au 12 juillet par le Cadre de concertation de la société civile du Kasaï-Oriental, avec l’appui du Centre Carter avec le financement de l’UKAID, ce forum de deux jours rassemble des représentants des partis politiques, des confessions religieuses, des personnes vivant avec handicap, des experts, des médias, ainsi que des institutions provinciales. Objectif : dresser un diagnostic lucide de la situation et formuler des recommandations concrètes pour renforcer les acquis démocratiques, souvent fragilisés, et améliorer la gouvernance à tous les niveaux.
Placée sous le thème « Démocratie en RDC : bilan, engagements et perspectives », cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à accroître la transparence et la crédibilité des élections en République Démocratique du Congo.
Dès l’ouverture, l’expert électoral Innocent TSHIMANGA SHABINTU a dressé un état des lieux du processus électoral de 2023 au Kasaï-Oriental. Il a relevé les avancées mais aussi les nombreuses failles ayant entaché ce processus, avant de proposer des pistes de solution. Parmi ses recommandations : la généralisation de l’éducation civique, l’audit du fichier électoral, l’affichage systématique des procès-verbaux, un meilleur déploiement logistique des kits électoraux, une lutte renforcée contre la fraude, et l’instauration de sanctions dissuasives en cas d’irrégularités.
Dans une autre communication, l’abbé Pierre KABAMBA, expert en gouvernance démocratique et inclusion, a abordé les enjeux majeurs liés à la participation citoyenne et à l’inclusivité du processus électoral. Il a formulé un bilan contrasté du rôle des différents acteurs, appelant à des réformes structurelles en vue des prochaines échéances électorales.
Enfin, Mr THIERRY N., expert en finances publiques, s’est penché sur le financement du processus électoral et le rôle des partenaires. Il a dénoncé les inégalités d’accès aux ressources, le manque de transparence et la persistance de la corruption. Ses recommandations : renforcement des capacités des parties prenantes, accès équitable aux ressources, et transparence totale dans la gestion des fonds électoraux.
La dernière journée du forum, prévue pour ce samedi, sera consacrée à l’élaboration des recommandations finales et à l’adoption d’une déclaration commune, censée porter la voix de la société civile auprès des décideurs politiques.
La Rédaction
