Les discriminations, les violences basées sur le genre, la préparation insuffisante, les erreurs de casting, les agendas cachés des politiciens, le retard socio-politico-économique des femmes, le tribalisme, le rejet de l’autre, la fraude, la corruption, la concurrence déloyale et la misogynie sont des facteurs qui ont pesé négativement sur la participation des femmes au processus électoral de 2023 en RDC. Selon les résultats d’une enquête menée auprès d’un échantillon de femmes sur le territoire congolais, 88,6% des femmes qui ont perdu aux élections locales, provinciales et nationales faisaient partie des 399 sur 450 femmes sondées.
La Coordonnatrice nationale par intérim du CAFCO, Grace LULA, a indiqué lors de la présentation des résultats de l’enquête que, de manière globale, les femmes n’ont obtenu que près de 20% des sièges à tous les niveaux lors de ce processus électoral. Il est souvent pensé que cette faible performance des femmes est due à leur prétendue incompétence. Cependant, face à la mobilisation et la détermination des femmes pour ces élections, nous avons effectué un suivi dans les 26 provinces afin de comprendre les raisons de cette faible réussite. Nous avons identifié sept causes principales. Les femmes n’ont pas démérité ou échoué de manière flagrante; elles ont été victimes de nombreuses irrégularités qui ont joué en leur défaveur pendant ce processus électoral.
Le CAFCO a formulé plusieurs recommandations pour éviter de répéter les erreurs du passé. Pour le Président de la République : soutenir et promouvoir les candidatures féminines, notamment en finançant la campagne électorale de celles qui ont de faibles revenus. Pour le gouvernement congolais : veiller à l’égalité des sexes comme stipulé dans l’article 14 de la Constitution. Pour le parlement : adopter des lois favorisant l’épanouissement des femmes. Pour la CENI : opérationnaliser et renforcer le cadre de concertation sur le genre. Pour les cours et tribunaux : juger avec égalité et équité. Pour les femmes candidates : renforcer leurs capacités afin d’être compétitives sur le terrain. Pour les partenaires : soutenir les programmes d’accompagnement des femmes politiques, la sensibilisation des électeurs et le plaidoyer auprès des décideurs politiques pour obtenir les résultats escomptés.
Sur une période de 40 jours, du 22 mai au 30 juin 2024, le CAFCO a mené une enquête auprès d’un échantillon de 450 femmes candidates à divers scrutins sur tout le territoire national. L’objectif était de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées par les femmes candidates.
La Rédaction
