Le Président de la République Démocratique du Congo l’a annoncé à l’ouverture de la Conférence Internationale sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) tenue du 19 au 20 juin à Kinshasa. Lors de cet événement, des acteurs nationaux, régionaux et internationaux dans la lutte contre les VBG ont réfléchi sur les moyens de renforcer la coordination et les mesures visant à améliorer la prévention et la réparation de ces violences, d’élargir la gamme d’acteurs, de compétences et d’idées pour répondre à la complexité, l’interconnexion, l’échelle et la gravité des VBG en RDC. Cette conférence ayant pour thème » Travailler ensemble pour mettre fin aux VBG » est une opportunité pour la RDC de redynamiser la Campagne Tolérance Zéro, lancée en novembre 2021, de présenter les résultats des interventions en cours ainsi que d’apprendre des programmes similaires existants dans d’autres pays tant en Afrique que dans le monde.
Prenant la parole lors du lancement de la conférence, le Président de la République s’est exprimé ainsi : « J’ai personnellement tenu à présider le lancement de cette conférence afin de réaffirmer mon engagement à tout mettre en œuvre pour que la RDC en particulier et l’Afrique en général deviennent des espaces où les droits des femmes seront autant respectés que ceux des hommes ». Il s’est réjoui d’avoir reçu de l’Afrique le mandat d’implémenter «la Masculinité Positive » dans le continent, d’amener les États africains à adopter la toute première convention dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes et filles dont l’adoption est espérée en février 2024.
Les violences basées sur le genre présentent un tableau peu reluisant : 45 % des femmes de la RDC ont déjà été victimes d’une des formes des VBG. Les VBG sont exacerbées dans le contexte de la RDC par les pesanteurs socioculturelles, la pauvreté et les conflits armés. Les violences basées sur le genre sont comprises comme l’ensemble des violences sexuelles (viol), violences physiques (frappes), violences émotionnelles (insultes), violences économiques (mariages précoces), a fait savoir le Professeur LUTUTALA, un des experts, qui a présenté l’état des lieux des violences basées sur le genre.
Intervenant comme paneliste à cette conférence, la Ministre déléguée aux Personnes Vivant avec Handicap et autres personnes vulnérables, Me Irène ESAMBO a expliqué l’extension de la notion de la personne vivant avec handicap selon la Loi Organique n°22/003 du 3 mai 2022 portant protection et promotion des droits de la personne avec handicap en RDC. Elle a relevé que ces PVH-APV sont exclues des services sociaux de base notamment de l’éducation et emploi et les auteurs de ces discriminations sont impunis. Pour Irène ESAMBO, les facteurs favorisant les VBG auprès des personnes vivant avec handicap sont multiples : le seuil qui fait que, sans être acceptée totalement, la personne avec handicap n’est pas non plus exclue totalement ; la pauvreté, les croyances, l’ignorance de la législation nationale et internationale, la guerre d’agression rwandaise ; machine de fabrication des PVH.

Pour lutter contre les VBG sur les PVH, Me Irène ESAMBO DIATA propose la mise en application, par tous les acteurs publics et privés de la vision novatrice du Président de la RDC sur l’inclusion sociale des PVH dans la société, la sensibilisation des décideurs, des communautés, des PVH elles-mêmes sur leurs droits ainsi que la lutte contre l’impunité des auteurs des VBG surtout à l’endroit des PVH.
La Rédaction
