Santé : Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale : 20 ans après, des progrès insuffisants 

Le monde entier célèbre ce 23 Mai, la Journée Internationale pour l’Elimination de la Fistule Obstétricale. C’est une opportunité pour faire comprendre à nos lecteurs qu’il y’a plusieurs femmes et filles qui souffrent de cette maladie. C’est également l’occasion de mobiliser davantage les énergies pour le renforcement de la lutte contre ce fléau social.

La fistule obstétricale est une perforation entre le vagin et la vessie et/ou le rectum, due à un travail prolongé ou obstrué sans accès à un traitement médical rapide et de qualité. Elle provoque chez les femmes et les jeunes filles des fuites d’urine, de matières fécales ou des deux, et entraîne souvent des problèmes médicaux chroniques, la dépression, l’isolement social et l’aggravation de la pauvreté.

90 % des grossesses impliquant une fistule se terminent par une mortinaissance. Mariage précoce, grossesse, précoces, faible utilisation de la planification familiale, pauvreté, inaccessibilité des services de santé de qualité, violences sexuelles et basées sur le genre sont des facteurs favorisant cette maladie. Les jeunes femmes (pauvres surtout) et celles femmes en milieux ruraux sont les plus exposées à la fistule obstétricale.

 Le Fonds des Nations Unies pour la Population UNFPA a, à cette circonstance adressé un message :

Les systèmes de santé et les communautés ne parviennent pas à mettre fin à la fistule obstétricale.

La fistule obstétricale survient lorsque les femmes ne peuvent pas accéder à des soins de santé de qualité et en temps opportun.

La discrimination sexuelle et la marginalisation sociale créent des risques supplémentaires, entraînant une fistule obstétricale survenant de manière disproportionnée chez les femmes et les filles pauvres, mal desservies et marginalisées.

Des efforts accrus pour réduire les blessures et les incapacités maternelles sont essentiels. Ils doivent accompagner une action renouvelée pour mettre fin à la mortalité maternelle évitable.

La responsabilisation à tous les niveaux est essentielle pour mettre fin à la fistule.

La prévention est essentielle ; la fistule obstétricale diminue lorsque les grossesses et les accouchements sont sûrs.

Trois solutions rentables peuvent prévenir la fistule : un accès rapide à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de haute qualité, des professionnels de la santé formés avec des compétences de sage-femme lors de l’accouchement et un accès universel à la contraception moderne.

Les systèmes de santé peuvent réduire la fistule en surveillant la prévalence, en corrigeant les lacunes dans les soins et en garantissant l’accès universel à un personnel de santé compétent et motivé.

Les plans nationaux de santé doivent également lutter contre la discrimination fondée sur le sexe et d’autres facteurs qui rendent les femmes et les filles plus vulnérables à la mortalité et à la morbidité maternelles.

Un leadership politique audacieux et des investissements pourraient éradiquer la fistule.

Des partenariats ambitieux et des investissements accrus sont impératifs pour éradiquer la fistule d’ici 2030 – notre cible mondiale dans le cadre des objectifs de développement durable.

Les stratégies nationales de lutte contre la fistule doivent être entièrement financées et mises en œuvre.

Les patientes de la fistule réparées, formées et responsabilisées peuvent être des défenseurs très efficaces de la maternité sans risque et du traitement de la fistule. »

L’UNFPA dirige la Campagne mondiale pour éliminer les fistules, une initiative visant à transformer la vie des femmes et des filles vulnérables. La campagne des 20 ans représente un engagement mondial en faveur de la prévention de la fistule et du traitement holistique (réparation chirurgicale et réinsertion sociale et réadaptation) pour rétablir la santé et la dignité. Il relie 100 partenaires dans le monde et des centaines d’autres aux niveaux national et local dans 55 pays des régions touchées. Malgré les progrès, l’élimination d’ici 2030 exige une action accélérée dès maintenant.

Des faits et des chiffres

La fistule obstétricale est une morbidité maternelle (handicap) causée par un travail prolongé et dystocique en l’absence de soins médicaux adéquats et en temps opportun.

90 % des grossesses impliquant une fistule aboutissent à une mort naissance ;

Environ 500 000 femmes et filles vivent aujourd’hui avec une fistule ;

L’UNFPA a soutenu plus de 138 000 réparations chirurgicales de 2003 à 2022, aidant à réaliser les droits et à rétablir la santé et la dignité ;

Vingt-trois pays touchés par la fistule ont élaboré des stratégies nationales chiffrées pour mettre fin à la fistule ; aucun n’est entièrement financé ;

Dix-sept pays ont intégré des données sur la fistule dans les systèmes de gestion ou de surveillance de la santé, mais le manque de données limite les évaluations de l’incidence et de la prévalence de la fistule ;

En décembre 2022, les États membres de l’ONU ont adopté la résolution 77/196 de l’ONU s’engageant à intensifier l’action pour mettre fin à la fistule d’ici 2030

Rédaction

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