La célébration de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, est une occasion offerte à la femme congolaise de penser aux victimes de l’agression du Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette date doit plus interpeller les femmes congolaises afin de les amener à évaluer toutes célébrations festives du 8 mars passées. Il est question de se demander si toutes ces célébrations ont eu un impact positif sur la vie des femmes en tant qu’éducatrices, militantes, avocates, pilotes, nourricières, vendeuses, entrepreneures, mères, leaders et actrices sociales au sein de la communauté.
Cette année, le thème international retenu est « Pour un monde digital et inclusif: innovation et technologies pour l’égalité des sexes », alors que le thème national, est « Éducation numérique égalitaire pour la paix et l’autonomisation des femmes et filles en RDC ».
Et si cette année les femmes de la RDC marquaient le 8 mars par une large manifestation pour dire que : s’en est de trop de la guerre que nous subissons injustement par le Rwanda sous couvert du M23, dans l’Est ; et si les femmes suspendaient cette année l’aspect festif du mois de mars et observaient le deuil pour tous ceux qui sont tombés illégalement (civils comme militaires) ; et si les femmes faisaient preuve de compassion et de solidarité envers les déplacés internes ; et si chaque femme pouvait offrir une somme équivalente au prix du pagne du 8 mars et celui de la couture pour les déplacés de guerre et les militaires au front ; et si pour le 8 mars, chaque femme décongestionnait ses armoires et celles de ses enfants pour envoyer les habits déclassés aux divisions provinciales du ministère en charge de la promotion de la femme ou aux paroisses et mosquées pour qu’ils soient distribués aux personnes déplacées internes.
Si les femmes de ville et de campagne ainsi que celles de bureaux et de marchés pouvaient accepter de vivre différemment le 8 mars de cette année, en participant à l’effort de guerre.
Faudra-t-il parader en uniforme, dans les maquis et « djandjobas » pendant que nos enfants tombent sous des balles, pendant que des femmes et des enfants dorment sous des abris de fortune ou à la belle étoile dans l’Est de la RDC ?
Et si chaque femme prenait son don et allait le remettre à une antenne provinciale ou locale des Affaires sociales et Actions humanitaires ou à une paroisse et une mosquée pour être acheminer là où se trouvent les déplacés, nous aurons gagné le plus beau 8 mars… Un moment de silence et de réflexion nous amènerait à prendre conscience du sort de nos frères, sœurs, pères, mères, enfants, petit-fils, petite –filles qui perdent leurs vies à cause de la barbarie et de la cruauté du M23, des ADF-Nalu et des milices locales dans l’Est du pays.
